THE WEEKND

Samedi 29 juillet 2023

🔴 The Weeknd au cœur de la dystopie lumineuse

23 juillet 2023 – Stade de France – Les Regards Sonores

Il est un peu plus de 21h. Le ciel s’assombrit au-dessus du Stade de France, mais ce n’est pas la nuit qui tombe — c’est une autre dimension qui s’ouvre. Une ville fantôme surgit sur scène, toute en tours d’acier et lumières fantasmées. Des silhouettes blanches, voilées de la tête aux pieds, traversent lentement l’espace comme des âmes errantes. Puis la lumière s’arrête. Et The Weeknd apparaît.

Dès les premières notes, Abel Tesfaye ne chante pas : il invoque. Sa voix, reconnaissable entre mille, flotte dans l’air saturé de fumée rouge. Il ne court pas la scène, il la traverse comme un prêtre moderne dans un temple high-tech. La foule, elle, ne le regarde pas seulement : elle le suit, les bras levés, téléphones brandis comme des reliques.

Le décor évoque une mégalopole post-apocalyptique, comme si Blade Runner avait fusionné avec un rêve de Kanye West. Chaque lumière, chaque mouvement est millimétré. Mais rien n’est froid. Tout est brûlant. On ne vit pas un concert : on est happé dans une expérience totale où la musique devient matière, où les basses font trembler les os, où l’écho des voix se mêle aux battements du cœur.

Un spectacle sensoriel

Ce que The Weeknd offre ce soir-là, c’est plus qu’un show. C’est une immersion dans son univers : une esthétique futuriste, hantée par les amours toxiques, les nuits sans fin et les quêtes impossibles. Il chante la chute et la dévotion, l’amour et la perte, toujours avec cette voix éthérée, presque irréelle.

Les danseuses voilées, presque spectrales, prolongent cette sensation de rituel. On ne sait plus si l’on assiste à un concert ou à une cérémonie. Et c’est là toute la force du moment : nous voilà pris dans une histoire, entre rêve néon et drame cosmique.

Une communion silencieuse

Et puis il y a le public. Des milliers de personnes, poings levés, bracelets lumineux aux poignets, recréant une mer de lumière mouvante. Un silence religieux parfois, des cris d’extase à d’autres. On se regarde à peine, on ne filme que lui. Il n’y a plus de dehors. Juste cette scène, ce son, cette présence magnétique.


The Weeknd n’a pas seulement chanté ce soir-là. Il a transformé le Stade de France en une église de béton et de feu, où la musique devient confession, où la lumière devient mémoire.
Et moi, au cœur de cette foule, je n’ai fait qu’une chose : regarder.
Écouter avec les yeux.

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